2026, la pire ? On a classé les sept finales de Coupe du monde du XXIe siècle
Nous avons classé les sept finales de Coupe du monde disputées au XXIe siècle à l'aune de leur dramaturgie et des émotions qu'elles ont suscitées. Celle de 2026, entre l'Espagne et l'Argentine (1-0 a.p.), se retrouve en queue de peloton.
On ne s'est pas franchement extasiés, dimanche, devant la finale de la Coupe du monde 2026 opposant l'Argentine de Lionel Messi et l'Espagne de Lamine Yamal. L'Albiceleste avait choisi de contrarier la Roja plutôt que de proposer du jeu, et la multiplication des fautes a longtemps décousu une rencontre déjà pauvre en occasions.
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Il a fallu attendre la 106e minute et la remise de Nico Williams à Ferran Torres pour que cette finale, jusque-là cadenassée, se décante. Une question demeure alors : où placer ce cru 2026, en matière de dramaturgie et de scénario, par rapport aux six autres finales de Coupe du monde disputées depuis 2002 ?
On a vibré
2022, Argentine-France (3-3, 4-2 aux t.a.b.) : le summum
Il y eut d'abord 80 minutes à sens unique, presque trop tranquilles pour entrer dans la légende. Puis tout a basculé. Deux buts de Kylian Mbappé en 97 secondes ont transformé une finale promise à l'Argentine en une course folle, prolongée par le doublé de Messi, le triplé de Mbappé et l'arrêt de Martinez devant Kolo Muani à la 123e minute.
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Rarement un match aura autant joué avec les certitudes de celui qui le regardait. À 2-0, 2-2 puis 3-2 et 3-3, chaque dénouement semblait définitif avant d'être balayé par le suivant. Jusqu'aux tirs au but, cette finale a constamment repoussé son épilogue. Pour le scénario, l'intensité et la profusion de moments historiques, elle règne seule.

Kylian Mbappé et Lionel Messi, les deux hommes forts de la finale en 2022. (N. Luttiau /L'Équipe)
On s'en est contentés
2006, Italie-France (1-1, 5-3 aux t.a.b.) : un drame en plusieurs actes
Une panenka de Zidane après sept minutes, l'égalisation de Materazzi douze minutes plus tard, puis un match qui change progressivement de propriétaire. Après une première période équilibrée, la France prend l'ascendant et Buffon repousse miraculeusement une tête de Zidane en prolongation. La finale n'est pas une orgie d'occasions, mais elle ne cesse jamais d'être habitée par la tension.
Puis survient l'invraisemblable. Pour le dernier match de sa carrière, Zidane répond à Materazzi d'un coup de tête et traverse seul les entrailles du stade après son expulsion. L'Italie gagne aux tirs au but, mais le football a déjà produit l'une de ses images éternelles. La dramaturgie prend tout son sens dans cette finale.

Zinédine Zidane, expulsé en finale du Mondial 2006. (R. Martin /L'Équipe)
2018, France-Croatie (4-2) : des buts mais peu de suspense
Six buts dans une finale : depuis 1966, personne n'avait vu cela. La Croatie a pourtant été la meilleure équipe lors du premier quart d'heure, avant de se retrouver menée sur un but contre son camp puis un penalty, et la seconde période a offert les frappes de Pogba et Mbappé, avant l'improbable erreur de Lloris. Sur le plan des événements, difficile de réclamer davantage.
Mais le score raconte aussi la limite de cette finale. À 4-1 après 65 minutes, son vainqueur ne faisait pratiquement plus de doute. Il lui a manqué cette incertitude qui transforme un grand match en soirée inoubliable pour le spectateur neutre. Spectaculaire, riche et animée, elle n'a pourtant jamais vraiment basculé dans la folie.

Les scènes de liesse qui ont suivi le sacre tricolore. (F. Faugère /L'Équipe)
2002, Brésil-Allemagne (2-0) : Ronaldo, Il Fenomeno
Elle restera d'abord celle d'un homme. Quatre ans après son mystérieux malaise avant la finale perdue contre la France et après deux graves blessures au genou, Ronaldo inscrit les deux buts qui offrent au Brésil sa cinquième étoile. Son histoire donne au rendez-vous de Yokohama une puissance que le match, à lui seul, ne possède pas complètement.
Avant l'erreur d'Oliver Kahn exploitée par le Brésilien à la 67e minute, l'Allemagne avait résisté et touché le poteau, sans que la rencontre ne s'enflamme véritablement. Le second but, douze minutes plus tard, ferme définitivement le débat. Une finale solide, quelques occasions et une immense histoire individuelle : suffisant pour s'en souvenir, pas pour chavirer.

Ronaldo, auteur d'un doublé contre l'Allemagne en 2002. (J.-L. Fel /L'Équipe)
2010, Espagne - Pays-Bas (1-0) : tension maximale et Roja méthodique
Quatorze cartons jaunes, une finale brutale et un football étouffé par les fautes : Espagne - Pays-Bas n'a pas tenu toutes ses promesses. Le rythme a souffert de cette agressivité et les occasions ont été trop rares pour un match opposant deux équipes aussi talentueuses. Mais Robben a eu le monde au bout du pied, avant de buter sur Casillas.
Cette occasion suffit presque à changer la perception du match. Parce qu'elle entretient le suspense jusqu'à la 116e minute, lorsque Iniesta surgit enfin. La finale de Johannesburg n'a jamais été réellement belle, mais elle a été irrespirable. Son dénouement tardif et la sensation permanente qu'un seul geste pouvait décider de tout l'ont sauvée de la banalité.

Andrés Iniesta après l'unique but d'Espagne - Pays-Bas. (J.-L. Fel /L'Équipe)
2014, Allemagne-Argentine (1-0 a.p.) : une interminable attente et du déchet
Le décor était somptueux, l'affiche immense et Lionel Messi pouvait entrer définitivement dans l'histoire. Pourtant, cette finale n'a jamais vraiment décollé. L'Argentine s'est procuré les occasions les plus nettes, notamment par Higuain, mais les maladresses ont succédé aux imprécisions et l'Allemagne, moins souveraine qu'au tour précédent, a longtemps buté sur le bloc argentin.
La tension a compensé une partie du manque de spectacle, sans totalement le masquer. Il a fallu attendre la 113e minute pour voir Götze contrôler de la poitrine et enchaîner d'une volée croisée pour faire exploser le Maracana. Un but magnifique pour conclure un match longtemps fermé.

La frappe libératrice de Mario Götze contre l'Argentine en 2014. (S. Boué /L'Équipe)
On a été déçus
2026, Espagne-Argentine (1-0 a.p.) : peu de jeu
Il y avait pourtant tout pour faire mieux. L'Espagne et son jeu léché, l'Argentine tenante du titre, Messi pour son ultime apparition en Coupe du monde : l'affiche promettait une finale à la hauteur d'un tournoi spectaculaire. Elle a surtout accouché d'une longue bataille tactique, où l'Albiceleste a davantage cherché à casser le rythme qu'à menacer réellement son adversaire.
L'Espagne a eu le mérite d'insister et Ferran Torres celui de délivrer la soirée à la 106e minute, mais le but n'a pas suffi à réécrire ce qui l'avait précédé. Peu d'occasions franches, un jeu haché et une Argentine presque inexistante offensivement : aucune finale de ce siècle n'avait offert aussi peu de frissons. La moins enthousiasmante ? À nos yeux, oui.

Lionel Messi est passé à côté d'un deuxième titre mondial ce dimanche. (F. Faugère /L'Équipe)
Quelle finale de Coupe du monde vous a le plus déçu, sur le plan de la dramaturgie et des émotions suscitées, au XXIe siècle ?
- Espagne-Argentine (2026)
- Argentine-France (2022)
- France-Croatie (2018)
- Allemagne-Argentine (2014)
- Espagne - Pays-Bas (2010)
- Italie - France (2006)
- Brésil - Allemagne (2002)