+20 % de puissance moteur, doté d’un drone de combat, IA embarquée : Après l’abandon du SCAF, Dassault Aviation accélère sur le “Super Rafale”
La Direction générale de l’armement (DGA) a notifié cet été 2026 plusieurs contrats à Dassault Aviation, Thales, Safran et MBDA pour préparer le standard F5 du Rafale, qualification attendue vers 2033.
La Direction générale de l’armement (DGA) a notifié cet été 2026 plusieurs contrats à Dassault Aviation, Thales, Safran et MBDA pour préparer le standard F5 du Rafale, qualification attendue vers 2033.
"Un changement de paradigme autour de la connectivité et de la puissance de calcul", résume devant le Sénat le général Jérôme Bellanger, chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace.
La DGA a confirmé le 10 septembre 2026 avoir notifié, durant l’été, plusieurs contrats à Dassault Aviation, Thales, Safran et MBDA en amont du lancement en réalisation du standard F5, attendu entre 2033 et 2035.
Lancement prévu fin 2026
Ces contrats préparent le passage des études à la fabrication des premiers équipements, prévu fin 2026. La qualification est attendue vers 2033, avant une mise en service dans l’armée de l’Air et de l’Espace, puis la Marine nationale, rapporte le site spécialisé armees.com.
Le calendrier s’inscrit dans un contexte géopolitique nouveau. Selon la Loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 actualisée, 47 Rafale F5 seront livrés d’ici 2035 aux Forces aériennes stratégiques. Un programme devenu prioritaire depuis l’abandon, le 8 juin 2026, du Scaf, projet européen porté avec Airbus pour l’Allemagne et l’Espagne. Le financement du successeur de sixième génération, évoqué par le délégué général Patrick Pailloux au Sénat, reste débattu avant les arbitrages budgétaires de 2027.
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Radar, guerre électronique et nouveau moteur
Thales a reçu la notification d’un nouveau système de liaison de données, l’Inter-Vehicle Data Link, à forme d’onde discrète et résistante au brouillage. Le radar RBE2-XG, également confié à Thales, gagnera en puissance et en portée de détection, avec une meilleure identification des cibles à très faible signature et davantage d’IA pour le combat collaboratif.
Le système d’autoprotection Spectra F5, notifié à Thales et MBDA, connaîtra une rénovation numérique face à la densification des menaces attendue vers 2035. Safran a reçu la notification de la conception préliminaire du moteur M88 T-REX, censé porter la poussée maximale de 7,5 à 9 tonnes, soit + 20 %. Le F5 emportera aussi le futur missile air-sol nucléaire de quatrième génération, désigné ASN4G par la DGA, et pourrait être accompagné d’un drone de combat.
Dassault écarte tout codéveloppement
Fin août 2026, le PDG de Dassault Aviation, Éric Trappier, a requalifié le projet en "super Rafale" sur BFM Business, en marge des Rencontres des entrepreneurs de France, confirmant le calendrier : "C’est pour être au rendez-vous de 2033, 2035."
Sur la dimension industrielle, il a tranché : "Il n’y a pas aujourd’hui de codéveloppement avec des pays étrangers." Ce standard, un avion "un peu plus développé" pourra être proposé à l’exportation dès 2035. Trappier a aussi écarté tout rapprochement capitalistique, misant sur la capacité de Dassault à développer seul un avion de combat, sans fermer la porte à de futures coopérations à son initiative.