“2 000 euros pour me chauffer, c’est hors de question” : face au prix du fioul et déjà étranglée par le prix du carburant, elle va passer l’hiver sans chauffage
Face à un devis de près de 2 000 euros pour remplir sa cuve de fioul, Charlotte, auxiliaire de vie dans le Gers, a décidé de ne pas utiliser son chauffage central cet hiver. Avec un salaire mensuel de 1 300 euros, cette locataire d'une maison communale compte désormais sur des radiateurs d'appoint, des bouillottes et plusieurs couches de vêtements pour affronter le froid.
l'essentiel Face à un devis de près de 2 000 euros pour remplir sa cuve de fioul, Charlotte, auxiliaire de vie dans le Gers, a décidé de ne pas utiliser son chauffage central cet hiver. Avec un salaire mensuel de 1 300 euros, cette locataire d'une maison communale compte désormais sur des radiateurs d'appoint, des bouillottes et plusieurs couches de vêtements pour affronter le froid.
Chez elle, le carrelage commence déjà à se refroidir. Les plaids s'accumulent sur le canapé et Charlotte (nom d'emprunt) n'hésite pas à enfiler plusieurs pulls pour combattre les premiers frissons. Pourtant, dans sa maison, une chose reste désespérément froide... les radiateurs. Et ils risquent bien de le rester tout l'hiver.
Locataire depuis deux ans d'une maison appartenant à la commune, cette Gersoise avait jusqu'ici pu compter sur le fioul déjà présent dans la cuve à son arrivée. L'hiver dernier, elle avait simplement dû compléter ses réserves pour affronter les mois les plus froids. "J'ai payé presque 800 euros pour finir l'hiver, avec moins de 1 000 litres de fioul. Ça m'a tenu quatre mois", se souvient-elle.
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Une dépense qui avait déjà lourdement pesé sur son budget, mais qui lui avait au moins permis de se chauffer. Cette année, en revanche, la situation est tout autre. Sa cuve est désormais vide et le devis qu'elle a obtenu pour la remplir lui paraît insurmontable. "On m'a annoncé quasiment 2 000 euros pour remplir la cuve. C'est hors de question", lâche-t-elle. Pour cette auxiliaire de vie, une telle somme représente bien plus qu'un simple imprévu. La seule possibilité serait de contracter un crédit à la consommation. Une perspective qu'elle refuse catégoriquement.
"Il y a deux semaines par mois où je travaille gratuitement"
Car, depuis plusieurs mois, Charlotte peine déjà à faire face à ses dépenses quotidiennes. Et le chauffage est loin d'être son unique préoccupation. "Déjà, avec le carburant, on m'étouffe", confie-t-elle, épuisée par l'accumulation des charges. Auxiliaire de vie, elle affirme que le gazole représente une part considérable de son budget. Au point qu'elle a pris le temps de calculer ce que lui coûtent ses trajets. "D'après mes calculs, je travaille en moyenne deux semaines par mois juste pour faire le plein de ma voiture. C'est-à-dire qu'il y a deux semaines par mois où je travaille gratuitement", déplore-t-elle.
Avec un salaire mensuel d'environ 1 300 euros, chaque dépense doit désormais être anticipée. "Je n'ai droit à rien puisque je suis toute seule, je n'ai pas d'enfant. Aujourd'hui, quand on est célibataire sans enfant, le système estime qu'on n'est pas prioritaire pour avoir des aides", regrette-t-elle.
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Et les chiffres qu'elle énumère témoignent de son quotidien sous contrainte. "J'ai déjà un loyer de 500 euros. Il faut compter au moins 300 euros de carburant par mois. Ensuite, il y a les courses, la mutuelle, les assurances, le téléphone... Pour vivre, il me reste 150 euros par mois." Dans ces conditions, impossible pour elle d'envisager une facture de fioul de 2 000 euros. Charlotte a donc dû se résoudre à chercher d'autres solutions pour affronter l'hiver.
Des radiateurs d'appoint, des bouillottes et plusieurs couches de vêtements
Pour tenter de limiter les dépenses, la Gersoise a choisi de ressortir de petits radiateurs électriques qu'elle possédait dans son ancien logement. Elle dispose également de deux poêles à pétrole, qu'elle compte utiliser ponctuellement. "Là, j'ai acheté du pétrole pour le chauffage d'appoint. Le bidon, je l'ai payé 32,90 euros, c'est le moins cher que j'ai trouvé", détaille-t-elle. Une dépense supplémentaire, certes, mais qu'elle espère plus facile à gérer qu'une livraison de fioul.
Pour le reste, il faudra multiplier les astuces. "Pour le moment, je vais me chauffer comme ça, mettre des bouillottes dans le lit et ajouter des pulls", explique-t-elle. Charlotte a également commencé à regarder les prix des rideaux thermiques, dans l'espoir de conserver un peu plus longtemps la chaleur à l'intérieur de son logement.
Mais une autre solution lui semblerait plus durable : installer un poêle à bois. La maison dispose en effet d'anciens conduits de cheminée, qu'elle aimerait pouvoir réutiliser. "J'ai demandé à mon propriétaire si on pouvait envisager l'installation d'un poêle à bois. Je m'engageais à acheter le poêle, puisqu'on en trouve d'occasion autour de 200 euros. Il ne restait plus qu'à payer l'installation", raconte-t-elle. Une proposition qui, selon elle, a été refusée. "On m'a dit que ce n'était pas du tout envisageable", regrette Charlotte, qui estime que le bois pourrait constituer une solution de chauffage plus économique.
En attendant, l'hiver approche et Charlotte s'apprête à composer avec les moyens du bord. Entre les radiateurs d'appoint, les bouillottes et les pulls superposés, elle espère parvenir à conserver un peu de chaleur dans cette maison dont les radiateurs au fioul resteront, pour l'heure, éteints.