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168 futurs infirmiers et aides-soignants ont fait leur rentrée à Menton dans une période de grands défis à relever

À Menton, 168 étudiants en soins infirmiers (Ifsi) et élèves de l’Institut de formation des aides-soignants (Ifas) ont fait leur rentrée, lundi 7 septembre 2026, dans les locaux de l’ancien hôpital Saint-Julien. Pour les futurs infirmiers qui viennent d’intégrer l’établissement, une réforme de la fo

Après les écoles, collèges et lycées, puis après le campus riverain de Sciences Po, c’était au tour des instituts de formation en soins infirmiers et des aides-soignants de faire leur rentrée officielle, le lundi 7 septembre 2026.

Cette année, l’établissement accueille 38 élèves aides-soignants et 40 étudiants en première année de soins infirmiers. Tandis que les promotions de deuxième et troisième années comptent chacune 45 étudiants.

« Chaque année, je le dis : il y a pire comme endroit pour étudier », plaisante en introduction Mylène Ezavin, la directrice du groupe hospitalier de la Riviera française, dont dépendent l’Ifsi et l’Ifas.

Le rivage et la vieille ville colorée ont beau être, de fait, à portée d’yeux, la responsable quitte aussitôt l’onirisme pour se recentrer sur le concret. « Cette rentrée marque le début ou la poursuite d’un parcours exigeant, mais profondément utile à notre territoire », résume-t-elle. Rappelant combien le domaine de la santé est aujourd’hui confronté à de gros défis.

Les exemples ne manquent pas : vieillissement de la population, chronicisation des maladies, besoins accrus de prévention… Sans oublier la transformation majeure que représente le numérique, en plein essor.

« Ces évolutions se traduisent chaque jour dans les services, au domicile des patients. Elles appellent des professionnels solides, engagés, capables de s’adapter et de travailler ensemble », pose Mylène Ezavin.

À ses yeux, les métiers tournés vers le soin obligent. Ils sont parfois difficiles, mais surtout profondément humains. « Vous allez apprendre des gestes, des savoirs, des règles. Mais aussi une posture : l’écoute, la responsabilité, le respect et le travail en équipe », déclare-t-elle. Soulignant que les étudiants ne seront jamais seuls dans ce cheminement ; ils pourront s’appuyer sur une équipe solide.

L’adjointe au maire déléguée à l’enseignement supérieur, Sophie Eckenberg, en convient. Une telle formation « joue un rôle essentiel pour notre territoire et l’avenir de notre système de santé ». Mais elle est indissociable de trois valeurs : engagement, rigueur, humanité.

« Croyez en vos capacités »

Les étudiants entamant leur cursus n’étaient pas les seuls à faire leur première rentrée à Menton. Stéphane Horlaville, coordonnateur général des soins au sein du groupe hospitalier de la Riviera française et directeur des instituts, vivait la même situation inédite.

« Je tiens à vous féliciter d’avoir fait ce choix de métiers tournés vers les autres, la compétence, la responsabilité, l’humanisme et le respect de la dignité humaine », énonce-t-il face aux étudiants.

La particularité de cette année ? Un nouveau référentiel de formation – qui remplace celui de 2009 – entre en application pour les élèves infirmiers en première année. Marqué par le renforcement du volume global de la formation, et une modernisation de l’approche.

« Cette réforme vise à mieux préparer les futurs infirmiers aux réalités contemporaines de l’exercice professionnel. Elle renforce l’approche par compétence, développe davantage les parcours universitaires, valorise l’analyse clinique, la coordination des parcours de soins, la prévention et l’innovation en santé », synthétise Stéphane Horlaville. Pour qui l’opportunité est belle de former des professionnels plus autonomes et compétents.

En aparté, le responsable explique que ce nouveau référentiel implique une transformation du métier : les futurs infirmiers pourront faire des consultations et des prescriptions. « Cela permettra, à terme, d’avoir un système de santé moins médico-centré en faisant intervenir la bonne profession au bon moment », glisse-t-il.

Conscient, aussi, que le pan consacré au numérique permettra aux futurs professionnels « d’intégrer le monde comme il est ». Face aux craintes légitimes, Stéphane Horlaville indique que les étudiants signent une charte relative à l’usage de l’IA. Et qu’ils seront formés pour l’utiliser à bon escient – « comme appui et non comme un simple gain de temps ».

Ces changements n’ont pas été anodins au sein des instituts, dit-il à l’assemblée. Soucieux de remercier les équipes pédagogique et administrative pour leur implication dans ce travail de l’ombre.

Aux étudiants, il conclut par ces mots : « Croyez en vos capacités. Vous allez parfois douter, rencontrer des situations complexes mais l’apprentissage est un cheminement. Soyez curieux, impliqués, solidaires, cultivez l’esprit d’équipe, le respect mutuel. Ces qualités sont aussi importantes que les compétences individuelles que vous développerez… »

Casquettes complémentaires

Stéphane Horlaville, aux côtés de Sophie Eckenberg et Mylène Ezavin.
Stéphane Horlaville, aux côtés de Sophie Eckenberg et Mylène Ezavin.
Alice Rousselot / Nice Matin

Bien que fraîchement arrivé à Menton, Stéphane Horlaville a toujours exercé dans la région. Entre ses 14 ans passés au sein du CHU de Nice et ses 2 ans et demi « expatrié » dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Infirmier de formation, le nouveau directeur de l’Ifsi et de l’Ifas a suivi un parcours paramédical. Devenant cadre de santé, puis cadre supérieur. Avant de passer un concours à l’école des hautes études de santé publique en 2022, pour occuper le poste de directeur des soins dès 2023.

Parmi ses nombreuses nouvelles casquettes, Stéphane Horlaville est également directeur référent du site de l’Hôpital de proximité de Sospel. Et surtout directeur adjoint du groupe hospitalier en charge de la qualité et de la gestion des risques.

Médecin urgentiste à Menton, Julieta Quesada sort son deuxième livre aux éditions Vuibert, La Fabrique des papas.

« C’est un super périmètre, hyper intéressant. Il existe beaucoup de liens entre l’Ifsi et le terrain, et être le même directeur peut simplifier. Cela garantira également un suivi pour l’encadrement des stages », juge-t-il. Persuadé que les élèves infirmiers peuvent eux-mêmes représenter un moteur pour tout le groupe hospitalier.