11-Septembre : retour sur la journée tragique qui a plongé l’Amérique dans le chaos
Le 11 septembre 2001, quatre avions détournés par 19 terroristes d’Al-Qaida sèment la terreur aux États-Unis. Une matinée d’horreur qui va causer la mort de près de 3 000 personnes et bouleverser le monde.
Une matinée qui a fait basculer l’histoire. Le 11 septembre 2001, la ville de New York se réveille, prête à vivre une belle journée ensoleillée. Les millions d’habitants et travailleurs de la Grosse Pomme sont loin de se douter que 19 terroristes viennent de s’enregistrer incognito sur quatre vols intérieurs en partance de Boston, Washington et Newark.
Comme le monde l’apprendra plus tard, ils ont pour objectifs de détourner ces avions et de les faire s’écraser contre des symboles du pouvoir et du capitalisme américain : le Pentagone et les tours jumelles du World Trade Center, haute de plus de 400 mètres et cœur de la finance new-yorkaise.
À 8 h 18, une hôtesse de l’air du vol n° 11 d’American Airlines, parti de Boston, alerte le personnel au sol : le cockpit ne répond plus, et un passager en classe affaires a été poignardé. Quelques minutes plus tard, l’un des terroristes, pensant s’adresser aux passagers, prévient par accident les contrôleurs aériens de la prise de contrôle de l’avion. L’armée de l’air américaine est alertée et la Garde nationale aérienne mobilisée. À 8 h 45, l’appareil percute la tour nord du World Trade Center. Tous les passagers sont tués sur le coup.
« Nous ne mesurions pas la gravité de la situation »
Pour certaines personnes présentes dans l’immeuble, il s’agit d’un accident. À l’heure du fax et des balbutiements d’Internet, les informations tardent à circuler. « Nous ne mesurions pas vraiment toute la gravité de la situation, donc personne ne cédait à la panique », explique à CNN un employé. Dans le documentaire 9/11 : Inside the President’s War Room, le président américain de l’époque, George W. Bush raconte lui aussi avoir d’abord cru « à une erreur du pilote. »
Dans la tour sud, les travailleurs ont entendu l’impact. Dans une ville cacophonique comme New-York, beaucoup l’attribuent à un bruit de chantier. L’ordre de quitter le bâtiment est donné. Certains rechignent, mais l’évacuation se fait dans le calme. Jusqu’à ce que le deuxième avion détourné frappe la tour sud, à 9 h 03. Le doute n’est plus permis.
À plusieurs centaines de kilomètres de là, en Floride, George W. Bush visite une école élémentaire. À 9 h 30, un conseiller, lui glisse à l’oreille « America is under attack » ( « Les États-Unis sont attaqués »). Après une brève allocution télévisée, dans laquelle il évoque une « attaque terroriste apparente », le chef d’État quitte les lieux pour une destination inconnue.
Les médias commencent à évoquer un acte délibéré, d’autant plus qu’un troisième avion percute à 9 h 40 le Pentagone, faisant 189 morts. Dans la foulée, la Bourse de New York, située à proximité du World Trade Center, est fermée. Tous les vols commerciaux dans l’espace aérien américain sont annulés.
Dans les tours jumelles, une série d’incendies ravageurs s’est déclarée. Descendu du bâtiment Nord, Bruno Dellinger, l’un des survivants, raconte à la presse s’être trouvé face à une « tour en feu, le visage du diable, couronné par des flammes orange et par des flammes d’une noirceur diabolique ». Dans les étages situés au-dessus de l’impact de chacun des avions, des milliers de personnes sont prisonnières. Désespérées, certaines s’élancent dans le vide pour échapper aux flammes.
Ces séquences sont diffusées en direct à la télévision, où les journalistes peinent à décrire l’horreur. Sur le moment, le journaliste de RTS Xavier Colin explique ne « pas avoir compris que c’était des êtres humains. Je pensais que c’était des débris ». Quelques minutes plus tard, à 9 h 59, la tour sud s’effondre. « Je n’oublierai jamais les cris et les hurlements qui ont déchiré le calme matinal », confiait alors, à La Croix, Jo Donelly le directeur d’Aide à l’Église en détresse pour les États-Unis, présent à Manhattan.
2977 victimes directes
Le père Mychal Judge est considéré comme la première victime officielle des attentats du 11-Septembre. Ce franciscain de 68 ans, aumônier des pompiers de New York, s’est précipité sur le site du World Trade Center pour administrer les derniers sacrements aux blessés et aux mourants. Avant sa mort, causé par un débris tombé de la tour sud, il aurait répété sans cesse : « Jésus, s’il te plaît, mets fin à tout ça tout de suite ! Mon Dieu, s’il te plaît, mets fin à tout ça ! » À 10 h 28, la tour nord s’effondre à son tour, grossissant le « killer cloud », un nuage tueur composé d’acier et de verre. Dans la fumée et les débris, les rues de Manhattan, en proie à la panique, vivent une scène de guerre.
En parallèle, le quatrième avion détourné s’écrase en Pennsylvanie. À son bord, certains passagers, apprenant le drame de New York, s’étaient révoltés contre les terroristes, précipitant le crash de l’appareil. Aucun d’entre eux n’y survivra.
En milieu d’après midi, un responsable américain déclare que le groupe d’Oussama Ben Laden, baptisé Al-Qaida, est soupçonné d’être impliqué dans les attentats. À 17 h 30, un troisième immeuble du World Trade Center s’effondre. À 20 h 30, le président Bush annonce à la télévision une « guerre contre le terrorisme », une déclaration qui aboutira un mois plus tard à la guerre d’Afghanistan. Il faudra dix ans pour que les Américains retrouvent et tuent Ben Laden, en mai 2011.
Après le 11-Septembre, un élan patriotique s’empare des États-Unis. Les pouvoirs de l’exécutif sont renforcés, et un nouveau ministère, le département de la sécurité intérieure est créé. Aujourd’hui, il est estimé que ces attentats ont fait 2977 victimes directes, et plus de 9 400 en y ajoutant les décès liés à des maladies causés par le drame.