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11-septembre : qui est le mystérieux “homme qui tombe” de l’une des tours du World Trade Center lors des attentats ?

Le 11 septembre 2001, l’objectif de Richard Drew saisit l’homme qui tombe le long de la tour nord du World Trade Center. Vingt-cinq ans plus tard, le mystère de cette silhouette et le tabou qui entoure son image demeurent entiers.

Le 11 septembre 2001, au pied des tours jumelles du World Trade Center, un cliché s’impose dans l’histoire : celui de l’homme qui tombe, ou The Falling Man. On y distingue un homme en chute le long de la tour nord. Vingt-cinq ans plus tard, son identité reste officiellement inconnue.

Pris à 9 h 41 min 15 s, le cliché montre l’une des personnes piégées dans les étages supérieurs de la tour nord, avant l’effondrement. Des enquêtes ont rapproché cette silhouette de Jonathan Briley, technicien du son au restaurant Windows on the World et frère du chanteur Alex Briley, mais aucune preuve formelle n’a été apportée.

L’homme qui tombe : une image née du chaos du 11-Septembre

Ce matin-là, après que le vol 175 d’United Airlines a éventré la tour sud, le photographe Richard Drew sort du métro new-yorkais et rejoint les tours en flammes pour Associated Press. Il braque son objectif sur les jumpers, ces "sauteurs" qui se jettent dans le vide pour fuir la chaleur et la fumée, et déclenche en rafale.

Parmi ses images surgit celle d’un homme en chute libre, dos droit, jambes légèrement repliées, parfaitement aligné avec les lignes verticales des deux façades. La tour nord et la tour sud composent un décor presque symétrique autour de lui. Publiée dès le 12 septembre dans plusieurs journaux, la photo est aussi l’une des rares à montrer une victime en train de mourir.

Les jumpers du 11-Septembre, entre choix impossible et assassinat

Selon les travaux cités par la page consacrée à The Falling Man, près de 200 personnes ont fait le même geste ce jour-là, soit environ un quinzième des victimes des attentats. Coincées dans les étages supérieurs, exposées à une chaleur extrême et à une fumée toxique, elles n’avaient quasiment aucune chance d’être évacuées par hélicoptère, les toits des tours étant inaccessibles.

Juridiquement, ces morts ont été répertoriées comme des personnes assassinées, au même titre que les autres victimes, à l’exception des pirates de l’air. Les sources officielles rappellent que, pour ces hommes et ces femmes, l’alternative vivre ou mourir n’existait déjà plus au moment du saut, ce qui rend discutable l’usage du mot "suicide" pour qualifier leur geste.

Une photo taboue, de la censure américaine au regard de 2026

Pour le journaliste Philippe Lecaplain, "Le problème de cette photo, c’est qu’on a envie de dire qu’elle est belle." Il souligne aussi : "Cette photo ne montre pas un cadavre." L’homme paraît encore vivant, bien portant, presque élégant, ce qui renforce l’identification du spectateur. Aux États-Unis, les journaux qui l’ont publiée ont reçu un flot de lettres indignées, certains présentant des excuses, et l’image s’est vite effacée des unes.

Cette autocensure reste forte aux États-Unis, où l’image apparaît rarement dans les musées ou sur internet, souvent précédée d’un avertissement. En Europe, un tirage original est exposé au Jeu de Paume, à Paris, dans la collection d’Elton John et David Furnish. Le documentaire 9/11: The Falling Man et, en 2026, le livre L’homme qui tombe de Lecaplain, publié chez Librisphaera et sélectionné pour le prix Roman News, relisent cette chute que beaucoup prendraient aujourd’hui pour une image générée par l’IA.

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